Comment le stress peut-il se manifester ?
Le stress ne se manifeste pas uniquement par une sensation de nervosité ou un cœur qui s’accélère. Il est même possible de ne pas se sentir particulièrement stressé·e, tout en observant certaines manifestations physiques ou comportementales : tensions, sommeil perturbé, gestes répétitifs, ongles rongés, mâchoire serrée…
C’est parfois leur évolution qui nous met sur la piste : un comportement présent au quotidien peut, par exemple, s’atténuer spontanément pendant les vacances ou une période plus calme. Une invitation à observer ce que notre corps et nos habitudes racontent, même lorsque nous n’avons pas consciemment l’impression d’être sous pression.
Lorsqu’il se répète ou s’installe dans la durée, le stress peut ainsi se manifester dans le corps, le sommeil, la digestion, les émotions, les pensées mais aussi dans nos comportements.
Dans le corps
On peut notamment observer :
- tensions musculaires, particulièrement au niveau de la nuque, des épaules, du dos ou de la mâchoire ;
- mâchoire serrée ou grincement des dents (bruxisme) ;
- maux de tête ou céphalées de tension ;
- sensation de cœur qui bat plus vite ou plus fort ;
- transpiration plus importante ;
- mains moites ;
- tremblements ;
- sensation de boule dans la gorge ;
- respiration plus rapide ou sensation d’oppression ;
- fatigue persistante ou sensation d’être « vidée » ;
- difficultés à récupérer après une journée chargée.
Du côté de la digestion
Notre système digestif et notre système nerveux communiquent en permanence. Les périodes de stress peuvent ainsi s’accompagner chez certaines personnes de :
- ventre noué ;
- nausées ;
- ballonnements ;
- douleurs ou inconfort abdominal ;
- transit accéléré ou au contraire ralenti ;
- modification de l’appétit ;
- envie plus fréquente de certains aliments, notamment très sucrés ou réconfortants.
Du côté de la peau et des cheveux
La peau peut également réagir pendant certaines périodes de stress.
On peut constater une aggravation de certains problèmes cutanés chez des personnes qui y sont prédisposées : démangeaisons, eczéma, psoriasis, acné…
Une période de stress important peut également être associée à une chute de cheveux diffuse, parfois décalée de plusieurs semaines ou mois après l’événement déclencheur.
Attention : Une perte de cheveux peut avoir de nombreuses autres causes : carence, trouble hormonal, maladie, médicament, problème thyroïdien… Une chute importante ou persistante mérite donc d’être explorée avec un professionnel de santé.
Des petits gestes que l’on ne remarque pas toujours
Le stress peut aussi s’exprimer à travers des gestes répétitifs ou des comportements qui servent, parfois inconsciemment, à évacuer une partie de la tension.
Par exemple :
- se ronger les ongles ;
- mordiller ses lèvres ou l’intérieur de ses joues ;
- arracher ou manipuler les petites peaux autour des doigts ;
- toucher ou entortiller constamment ses cheveux ;
- se gratter ou triturer sa peau ;
- tapoter du pied ;
- bouger constamment une jambe ;
-jouer avec un stylo, un bijou ou un objet ;
- se balancer ou changer constamment de position ;
- serrer les poings ;
- avoir certains tics ou voir des tics préexistants s’accentuer.
Ces comportements ne sont pas nécessairement causés par le stress.
Certains peuvent avoir d’autres origines et nécessiter un avis professionnel lorsqu’ils deviennent fréquents, difficiles à contrôler, douloureux ou envahissants.
Dans le sommeil
Le soir arrive… mais le cerveau, lui, semble avoir oublié que la journée est terminée.Le stress peut s’accompagner de :
- difficultés à s’endormir ;
- pensées qui tournent en boucle au coucher ;
- réveils nocturnes ;
- réveil trop précoce ;
- sommeil ressenti comme peu réparateur ;
- fatigue au réveil ;
- somnolence ou baisse d’énergie pendant la journée.
Le manque de sommeil peut ensuite augmenter notre vulnérabilité au stress : stress et mauvais sommeil peuvent ainsi s’entretenir mutuellement.
Dans les émotions
Lorsque notre niveau de tension est déjà élevé, notre marge de manœuvre émotionnelle peut sembler beaucoup plus étroite.On peut se sentir :
- plus irritable ;
- impatient·e ;
- facilement débordé·e ;
- particulièrement sensible ;
- agité·e ou nerveu·se ;
- découragé·e ;
- davantage sur la défensive ;
- avec l’impression que « la moindre petite chose est de trop ». Une tasse renversée n’est objectivement qu’une tasse renversée. Mais certains jours, elle semble étrangement contenir l’intégralité des problèmes de l’univers.
Dans nos comportements
Enfin, nos habitudes peuvent changer sans que nous nous en rendions immédiatement compte.Certaines personnes vont davantage :
- grignoter ou manger sous l’effet des émotions ;
- sauter des repas ou perdre l’appétit ;
- augmenter leur consommation de café ou d’autres stimulants ;
- passer davantage de temps devant les écrans ;
- procrastiner ;
- éviter certaines situations ;
- s’isoler ;
- avoir davantage besoin d’être rassurées ;
- multiplier les tâches pour ne pas s’arrêter ;
- avoir du mal à ne rien faire.Car le stress ne ressemble pas toujours à une personne effondrée sur son canapé.Il peut aussi ressembler à quelqu’un qui fait, organise, anticipe, vérifie, recommence et continue à avancer alors que son corps réclame déjà une pause.


